L'immobilier va connaître une sévère récession
L’économiste Michel Mouillart considère que l’immobilier français fait aujourd’hui face à « un problème d’une ampleur incomparable ». immobilier marcq
La crise financière et boursière de l’été et ses conséquences en termes d’offre de crédit vont mettre « entre parenthèses, pour deux ans au moins », la reprise du marché. immobilier marcq
Un marché qui devrait en outre pâtir des effets du durcissement de la fiscalité sur les plus-values immobilières et du coup de rabot de l’avantage Scellier en 2012, « mesures prises à contretemps » par le gouvernement. immobilier marcq
(LaVieImmo.com) - La crise financière risque-t-elle d’affecter les marchés immobiliers ? immobilier marcq
Michel Mouillart : immobilier marcq
A ce stade, il n’est plus question de risque : on sait que les marchés vont être affectés. immobilier marcq
Les scénarios élaborés avant l’été, dans un contexte certes tendu mais avec des banques qui avaient bien anticipé les modalités de la réforme Bâle III, ne sont plus d’actualité aujourd’hui. immobilier marcq
La crise de la dette qui sévit dans la quasi-totalité des Etats européens perturbe le refinancement des établissements bancaires et pèse sur le dynamisme de l’offre de crédit avec une force que personne n’avait anticipé.
Les banques se voient contraintes de provisionner plus largement qu’avant et se montrent, à l’invitation des autorités monétaires, plus sélectives, plus prudentes dans leur politique d’octroi de prêts. immobilier marcq
Et qui dit moins de crédit dit, mécaniquement, moins d’activité sur le marché… immobilier marcq
Quelles sont vos prévisions ? immobilier marcq
Michel Mouillart : immobilier marcq
Le volume de crédits accordé par les banques devrait se maintenir tant bien que mal cette année, mais baisser très fortement dès 2012. immobilier marcq
Ainsi, les banques ne devraient pas accorder plus de 130 milliards d’euros l’année prochaine, soit un quart de moins qu’en 2010. Jusqu’à l’été, nous n’anticipions qu’une baisse de 5 à 8 %, au maximum… immobilier marcq
Cela veut dire que le redémarrage du marché, à l’œuvre depuis 2010, va être mis entre parenthèses, pour deux ans au moins. immobilier marcq
On retrouve le schéma d’une reprise dite « en W », tel qu’on avait pu l’observer au début des années 1990.
Au sortir de la crise de 1989-1993, le marché avait connu une brève période de reprise en 1994, avant de rechuter dès l’année suivante, dans le sillage de la crise bancaire mexicaine. immobilier marcq
Le vrai redémarrage n’avait eu lieu qu’en 1996, pour une période d’euphorie qui a duré une dizaine d’années, jusqu’en 2006-2007. immobilier marcq
C’est exactement ce qui se prépare. immobilier marcq
A la différence près que la rechute s’annonce plus forte qu’en 1995… immobilier marcq
Et le scénario sera en « W » dans le meilleur des cas, celui que je privilégie par excès naturel d’optimisme : parce qu’aujourd’hui, à la différence des années 2008-2009 de la grande dépression, les Etats n’ont plus les moyens de venir en soutien des marchés ! immobilier marcq
Les années d’après 2012 risquent donc d’être ternes. immobilier marcq
Et en termes de ventes ? immobilier marcq
Michel Mouillart : immobilier marcq
Le secteur de la construction devrait passer la crise sans trop d’encombres… immobilier marcq
Nous maintenons notre prévision de 406 000 mises en chantier de logements en 2011. immobilier marcq
Ce chiffre devrait se stabiliser, ou baisser très légèrement, de l’ordre de 5 %, au cours des deux prochaines années. L’ancien, en revanche, sera touché plus durement, particulièrement la revente, dont on a vu début 2010 combien elle était essentielle au bon fonctionnement du marché. immobilier marcq
Nous anticipons de l’ordre de 85 000 ventes en moins en l’espace de deux ans. Soit 1/8ème du marché environ.
C’est dire l’ampleur de la récession qui s’amorce ! immobilier marcq
…et de prix ? immobilier marcq
Michel Mouillart : immobilier marcq
Logiquement, les prix vont baisser… C’est inévitable ! immobilier marcq
L’histoire s’apprête à donner raison à ceux qui le prédisent depuis des années ! immobilier marcq
Sauf que cette baisse n’aura rien à voir avec un éventuel décalage entre le niveau des prix et le revenu des ménages.
Il faut oublier l’argument de la solvabilité de la demande : si les prix baissent, c’est à cause du dérèglement des mécanismes de financement du marché et de ses conséquences sur le marché de la revente. immobilier marcq
Il faut préciser ici que cette baisse ne sera pas visible avant plusieurs mois dans l’indice Insee-Notaires, qui est en décalage de près de six mois avec la réalité… immobilier marcq
Quand tout le monde aura bien intégré le fait que les marchés se retournaient, l’indice Insee-Notaires continuera à constater des hausses de prix. immobilier marcq
La statistique publique est encore loin d’être à la hauteur des exigences requises. immobilier marcq
Dans ce contexte, quel sera l’impact des dernières mesures annoncées par le gouvernement ? immobilier marcq
Michel Mouillart : immobilier marcq
Le principal problème de ces mesures, c’est qu’elles sont prises à contretemps. immobilier marcq
Mises en place dans un marché dynamique, elles seraient indolores. immobilier marcq
Dans un contexte tel que celui que nous venons de décrire, en revanche, le durcissement de la fiscalité sur les plus-values, le nouveau coup de rabot porté au dispositif Scellier, et la possible suppression des deux dernières tranches de barème du PTZ+ vont avoir un effet aggravant. immobilier marcq
www.delorme-immobilier.fr © 2009 - Partenaires : Diagnostic Immobilier Lille - Assurance Pret